On aime bien raconter qu'une viticulture paysanne, sans intrant, ni à la cave, ni à la vigne, avec un très faible impact environnemental et dont le vin n'est finalement qu'une conséquence du soin apporté au Vivant, est possible;
Expliquer que les vins artisanaux qui résultent de cette agriculture ont du caractère et reflètent le travail, le climat et la personnalité de la personne qui les font;
Dire que le "Terroir" n'est ni bon, ni beau, ni mauvais, mais juste la réalité d'un producteur sur son lieu de culture, avec son sol, son climat, ses contraintes, sa sensibilité et ses méthodes de production;
Et enfin, prétendre que pour faire du vin, il faut aussi une petite part de magie, de bluff et d'imposture...
Aujourd'hui on est devenu un poil militant tout de même, en plantant ces vignes interspécifiques qui résistent mieux aux maladies, qui permettent une viticulture dans laquelle le vigneron n'est plus gestionnaire de pathologies à la vigne et correcteur de jus à la cave, mais accompagnateur de la croissance de la plante, et observateur de fermentations.
Notre activité est récente, et pour le moment nous n'avons que deux cuvées faites de nos raisins belges à Wavre, La Procession et les Reliques
Nos autres vins sont faits à partir du raisin, également issus de cépages résistants/intespécyphiques, de Eric et Alex Dubois (ex-Clos Cristal à Saumur), juste "à un jet de grappe" de chez nous.
En plus de leurs vignes près de Savennières du Domaine la Franchaie où ils font de terribles vins à goûter absolument, ils ont récupéré fin 2020 tout un verger situé, toujours en Anjou, à une trentaine de kilomètres au nord de chez eux, 7 hectares de pommiers, de cognassiers et de vignes plantées de 5 cépages hybrides (plantet-5455, villard noir, chambourcin, "Monique" et landot) qui n'avaient pas été déclarés à la plantation comme vignes à vin, et comme vous le savez sans doute, en France il est strictement interdit de vinifier et commercialiser le fruit d'une vigne plantée sans droits de plantation. Par conséquent, ils avaient le choix entre en faire du jus et/ou du vinaigre (ce que faisaient les exploitants précédents), ou de l'huile de pépin de raisin pour les fondues bourguignonnes ou que sais-je encore,...
Ou alors le vendre, frais, hors de France pour qu'il puisse être vinifié.
Et on était là, pile dans l'équation, quand ils ont appris tout ça, avec le nouveau chai à Ottignies et notre énorme envie d'avoir ce raisin (de contrebande) à rentrer dedans.