La Balbrière

La Balbrière (Cuvées Balbi Girls) 

Ottignies (Limelette)- sur les terres de l'Arbre qui Pousse, Ferme de la Balbrière - Ancienne prairie à chevaux

Sol: limoneux profond à bonne réserve hydrique
Plantation: 2021
Nombre de pieds: 1350
Cépages: Souvignier Gris - Pinotin - Divico - Johanniter - Muscaris.

En 2018, alors que Les Pieds dans la Dyle commencent à prendre forme, je lorgne du côté des terres de la Bawette, un énorme terrain vague de 14 hectares, ancienne partie du golf éponyme vendue à la ville de Wavre à un moment où les membres se faisaient plus rares.

J’imagine pouvoir y planter mes vignes et j’en parle à la commune. Mais mon petit projet viticole ne pèse manifestement pas bien lourd face à ce qu’elle envisage pour cet immense terrain: une extension du zoning, certes plus artisanale, plus basse, peut-être un peu plus jolie, dans laquelle quelques rangs de vigne pourraient éventuellement trouver une place le jour où tout le reste sortirait de terre.

À la même époque, je fais la connaissance d’Arthur, qui revient d’un grand tour des éco-lieux à travers le monde.

Autour de lui, plusieurs personnes rêvent à ce qu’elles aiment appeler une utopie pragmatique: une ferme, un laboratoire de transition où l’on pourrait habiter, travailler, entreprendre, apprendre et expérimenter collectivement d’autres manières de produire, de consommer et de vivre ensemble.

Je décide de leur montrer la Bawette. L’endroit les emballe immédiatement. Nous y voyons le terrain idéal pour accueillir ce projet beaucoup plus riche. Avec Arthur, Nathalie, Juan et les autres membres du groupe de travail réuni autour de L’Arbre qui pousse, nous organisons une rencontre avec la Bourgmestre pour tenter de la convaincre d’y accueillir ce lieu vivant, avec mes vignes parmi une multitude d’activités agricoles, sociales, éducatives et artisanales.

Une proposition capable, à nos yeux, de produire bien davantage en matière de liens, d’expériences et de valeurs partagées qu’un zoning commercial de plus, même joliment emballé.

L'ancienne majorité ne nous suit pas.

Le petit collectif de l'Arbre qui Pousse poursuit donc sa recherche et trouve finalement sa terre à Ottignies. En 2019, la fondation Ecotones acquiert la ferme de la Balbrière: six hectares de terres et 2 500 mètres carrés de bâtiments destinés à devenir un bien commun, capable d’accueillir un habitat partagé et de faire grandir une multitude de projets.

Pendant ce temps, Les Pieds dans la Dyle avancent également. La mosaïque, la Procession, les Reliques et le Ry sont plantés. Nous conduisons déjà les vignes et commençons à vinifier lorsque je reçois un appel:

«On a trouvé un endroit. C’est la Balbrière. Et si tu veux, il y a un joli versant pour y mettre de la vigne.»

En mai 2021, nous y plantons 1 350 pieds, exclusivement des cépages résistants, dans une ancienne prairie à chevaux. La Fondation nous offre bien davantage qu’un terrain: elle croit au projet, finance principalement le palissage et nous fait une véritable place dans l’aventure. Nous apportons les plants, le travail et prenons en charge la conduite de la parcelle.

La vigne devient l’une des branches de L’Arbre qui Pousse. Elle est accueillie, soutenue et suivie avec enthousiasme par celles et ceux qui ont rendu le lieu possible. De notre côté, nous nous intégrons peu à peu à sa vie et à cette manière particulière de faire cohabiter des projets différents pour qu’ils finissent par se nourrir les uns les autres.

C’est un processus lent, très lent. Avec le temps, la Balbrière accueille aussi notre chai et tout le travail de vinification. Ma présence dans la ferme se concentre principalement de la mi-août à la fin octobre: préparation du chai, vendanges, réception et travail des raisins, fermentations, puis mise en cave et en élevage.

Deux mois et demi pendant lesquels je prends mes quartiers et je fous, il faut bien le reconnaître, un vrai souk dans la ferme. Cette occupation saisonnière, avec tout ce qu’elle charrie de caisses, de travail et d’imprévus, fait désormais partie de la vie du lieu.

Puis les fermentations s’apaisent, les vins descendent en cave et la ferme retrouve progressivement son rythme.

La collaboration ne s’est donc pas construite en un jour, elle a grandi comme le reste: par la confiance, les occasions saisies, les services échangés, les projets qui se croisent et le plaisir de constater qu’ils fonctionnent mieux ensemble que chacun séparément.

Aujourd’hui, les raisins poussent sur les terres de la Balbrière, le vin se fait dans ses murs, se vend au marché de L’Arbre qui pousse et se boit à quelques mètres de là, au restaurant La Cabane.

De cette histoire sont nées la parcelle de la Balbrière et la cuvées Balbi Girls.

Nous étions venus chercher une terre où planter. Nous avons trouvé un lieu auquel appartenir, auquel contribuer et avec lequel continuer à grandir.

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